Mesures mises en œuvre
Depuis le lancement de la démarche, de nombreuses actions ont vu le jour, à travers plusieurs thématiques :
La fertilité des sols
Débutés en 2015, les travaux sur cette thématique ont tout d’abord donné lieu à des états des lieux des sols du plateau du Valensole avec l’aide d’étudiants en 2015 puis en 2019.
En 2017, le Réseau Sol démarre.
Il a pour objectif, au travers d’un groupe d’agriculteurs volontaires :
- De dresser un état des lieux et de suivre de manière régulière la qualité des sols d’un point de vue physico-chimique et biologique ainsi que son lien avec la productivité et la durabilité des agrosystèmes ;
- De suivre l’état sanitaire des plantations ;
- De suivre l’aspect économique des exploitations ;
- D’initier et suivre des expérimentations agroécologiques ;
- De proposer un cycle de formations sur la vie du sol, les matières organiques, la fertilisation, avec notamment l’organisation de journées techniques.
- De favoriser les échanges de pair à pair.
Piloté par le Parc du Verdon, il rassemble 4 autres partenaires : le Centre Régionalisé Interprofessionnel d’Expérimentation en Plantes à Parfum Aromatiques et Médicinales (CRIEPPAM), la chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence, la SCP et l’Unité Mixte de Recherche Eco&Sols.
Dans le cadre de ce réseau, 4 campagnes de suivi de la qualité des sols ont eu lieu en 2017, 2019, 2023 et 2025.
En 2025, ce sont 36 exploitations agricoles lavandicoles, pour 46 parcelles qui ont fait l’objet d’un suivi pédologique, agronomique et économique.
Des premiers résultats sont visibles depuis 2017 :
Une majorité de parcelles suivies ont vu leur matière organique se maintenir ou augmenter légèrement, sachant que plus le taux de matière organique est haut sur une parcelle, meilleur est le rendement.
En 2020, l’ensemble des travaux menés à travers le Réseau Sol sont valorisé par l’édition d’un guide pédagogique sur la fertilité des sols en culture de lavandin à destination des agriculteurs.
En 2023, le projet COUVIVER voit le jour. Piloté par le CRIEPPAM, il a pour objectif d’affiner les recherches sur les couverts végétaux hivernaux qu’on plante entre les rangs de lavandins.
En parallèle, un Groupement d’Intérêt Economique et Environnemental (GIEE) est créé sous le nom GIEE Essen’sol, en 2020. Cette création découle de l’initiative de 9 exploitants agricoles déjà engagés dans la démarche REGAIN. Animé par le Parc du Verdon, l’objectif du GIEE est d’expérimenter, de développer, transmettre et communiquer sur les pratiques agroécologiques récentes mise en place dans leurs agrosystèmes. Trois thématiques sont explorées : les couverts végétaux, la gestion des pailles de lavandin et la diversification et l’allongement des rotations.
La diversification des cultures et des paysages
Lancés en 2015, les travaux sur cette thématique ont d’abord conduit à la réalisation d’un stage sur le rôle et le devenir des infrastructures agroécologiques sur le plateau, ainsi que leur perception par les agriculteurs.
Par la suite, en 2018, un travail sur les différents scénarii d’insertion de légumineuses dans les rotations du plateau de Valensole est réalisé.
En 2022, le projet Diversycole est lancé avec pour chef de file la coopérative DURANSIA, ainsi qu’Agribio 04, Arvalis, la Chambre d’agriculture des Alpes-de-Haute-Provence et la SCP. Il a pour objectif d’expérimenter différentes formes de diversification des cultures. Depuis 2017, on observe une augmentation des surfaces en céréales, en sauge et autres plantes à parfum, aromatiques et médicinales (hors lavandin-lavande).
Par ailleurs, des modélisations de l’impact du changement climatique sur des exploitations qui se diversifient ou non voient le jour.
Dernièrement, en 2025, des étudiants ont travaillé sur les leviers de diversification face à la baisse d’attractivité du lavandin.
En parallèle, des actions menées sur la diversification des cultures, un programme de plantation de haies a permis l’implantation d’un total de 14 km de haies :
- 6,4 km de haies et d’un pré-verger de 3000 m² chez 18 agriculteurs, entre 2016 et 2018.
- 7,5 km de haies chez 13 agriculteurs, entre 2017-2024.
L’irrigation dans un contexte de changement climatique
Ces travaux, pilotés par la SCP, ont pour objectif d’étudier l’exposition aux risques climatiques et les consommations d’eau des irrigants SCP, mais aussi d’accompagner les exploitations membres vers des pratiques économes en eau.
En 2017, deux stages ont permis d’étudier les impacts agro-environnementaux de l’irrigation ainsi que les besoins en eau et le suivi de dépérissement du lavandin par télédétection.
En 2019, le réseau « Irrigation de résilience » est lancé. 12 parcelles, en conditions irriguées ou non irriguées, ont été instrumentées avec différents capteurs pour suivre l’exposition des plantes au stress hydrique. L’objectif était de mieux connaître les périodes de vulnérabilité du lavandin au fil de la saison et d’apporter des conseils aux agriculteurs équipés en leur fournissant un appui au pilotage de leur irrigation.
En 2021, un rapport de fin d’études permet de mettre en évidence les besoins du lavandin et les résultats agroéconomiques de l’irrigation.
En 2022, un stage étudie l’impact de l’accès à l’eau sur la diversité des rotations et les assolements.
La fertilisation des cultures céréalières et lavandin
Chaque année, des suivis de reliquats azotés sont réalisés en début d’hiver et permettent de connaître la quantité d’azote dans le sol au moment du début du développement du blé dur.
Cette donnée aide l’agriculteur à ajuster précisément sa fertilisation azotée (ni surestimée, ni sous-estimée) en fonction des besoins du blé dur à cette période.
Ce travail permet d’avoir une réflexion sur la succession culturale avec des données chiffrées de rentabilité, selon différentes pratiques agricoles et différentes rotations.
Depuis 2021, des travaux sont réalisés sur les suivis des reliquats azotés sur lavandin. L’objectif de ce travail est d’améliorer les connaissances sur le pilotage de la fertilisation azotée de cette plante à parfum. Le lavandin est la culture la plus présente sur le plateau de Valensole.
Les itinéraires techniques
Des suivis sur les itinéraires techniques sont effectués annuellement sur une quarantaine d’exploitations du plateau de Valensole. Ces travaux permettent de synthétiser les Indicateurs de
Fréquence de Traitements phytosanitaires (IFT) moyens par culture, les apports azotés moyens par culture à l’échelle du plateau de Valensole afin d’orienter et d’optimiser les actions à mener sur les cultures en visant un ajustement à leurs besoins réels.
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